1ère rupture d'approvisionnement en eau potable en Charente

Publié le par Jean Luc Guerbois

Depuis lundi, la commune de Brigueuil (16), privée d'eau potable, doit s'approvisionner dans la zone du syndicat mixte voisin

 Le château d'eau de Brigueuil est réapprovisionné en eau potable par un camion-citerne. Photo V. D.

 

C'est un épisode de sécheresse sans précédent que connaît en ce moment la commune de Brigueuil. Depuis hier, le joli village fortifié, perché dans la campagne charentaise limousine, voit un camion-citerne multiplier les allers-retours jusqu'à son château d'eau. Sa mission : approvisionner la commune en eau potable dont elle manque depuis des semaines.

« On ne parvient plus à remplir nos réservoirs avec les trois sources qui nous alimentent habituellement », indique le maire de Brigueuil, Jacques Tondusson. En cause, la sécheresse qui fait baisser les niveaux d'eau et, dans le même temps, pousse les populations locales à en consommer davantage.

Mais Brigueuil n'est pas la seule commune du Sud-Ouest victime de cet effet ciseaux. L'explication de cette situation extrême est ailleurs. « Parce que c'est la volonté de la majorité municipale, notre commune n'est rattachée à aucun syndicat d'eau, rapporte Jacques Tondusson. De fait, nous sommes autonomes, mais nous sommes aussi isolés et dépendants de nos seules ressources. »

Plan de secours

Une réunion d'urgence a eu lieu à ce sujet en sous-préfecture de Confolens, le 28 juin dernier. Un plan de secours a été décrété. Les jours suivants, les températures, en baisse, favorisaient un rééquilibrage des niveaux d'eau. Mais les chaleurs du week-end dernier ont, cette fois, précipité leur chute.

« Lundi, Brigueuil a dépassé le seuil critique fixé en sous-préfecture : moins de 1,80 m d'eau dans les réservoirs », témoigne Jean-Claude Vignier, le responsable de la Saur Confolens (société qui gère la production et la distribution d'eau potable dans le secteur) à laquelle la commune a dû faire appel. « Alors, le plan de secours a été déclenché, et nous avons lancé l'intervention. »

Aux frais du village

Hier, le camion-citerne de la Saur s'est rendu à quatre ou cinq reprises à 6 kilomètres de Brigueuil, dans la commune de Saint-Christophe, en zone du Syndicat d'eau potable (SEP) du Confolentais, afin d'y puiser l'eau précieuse d'une bouche d'incendie. À chaque voyage, 28 m3 étaient acheminés jusqu'au château d'eau en panne sèche.

Le tout aux frais de la commune de Brigueuil : « Le tarif de base est d'environ 5,70 € le mètre cube hors taxes », précise Jacques Tondusson. Rien à voir avec le prix habituellement pratiqué, d'environ 1 euro le mètre cube. Et le maire d'ajouter : « Cela va sans doute se répercuter quelque peu sur la facture des contribuables. »

Mais le village n'a pas le choix : « La loi nous interdit la coupure d'eau potable, souligne Jacques Tondusson. En plus, il ne faut pas oublier que nous avons ici une population âgée importante, sensible aux fortes chaleurs, notamment au sein de notre maison de retraite qui accueille 40 résidents. »

Débat relancé

Le plan de secours a été levé hier dans la soirée, au terme d'une journée bien agitée au château d'eau. « On va certainement remettre ça en fin de semaine, suivant les futures conditions climatiques », déclare Jean-Claude Vignier. « Le problème, c'est qu'on ne sait pas combien de temps ça va durer », s'inquiète Jacques Tondusson.

En plus d'alimenter les conversations autour de la sécheresse, cette situation relance à Brigueuil le débat sur le rattachement de la commune au SEP du Confolentais : « On en a discuté lundi en réunion extraordinaire du Conseil municipal. Le préfet nous encourage vivement à nous regrouper. » En attendant, le village charentais reste classé en vigilance accrue. Triste histoire d'eau.

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