Aides de la PAC : le Ministre de l'agriculture cède encore aux céréaliers

Publié le par Jean Luc Guerbois

Bruno Le Maire vient d'annoncer par courrier à la FNSEA une révision à la baisse des contraintes environnementales à respecter pour toucher les aides de la PAC : la part de l'exploitation dédiée à la biodiversité, qui devait passer à 5% en 2012, restera à 3% comme en 2011. Réaction de FNE sur ce recul environnemental.

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5% pour la biodiversité, c'était déjà peu !

La mise en place de zones dédiées à la biodiversité sur les exploitations (haies, mares, bosquets, bandes enherbées...) fait partie des mesures à respecter par les agriculteurs pour toucher les aides de la PAC (conditionnalité). Ces zones jouent un rôle essentiel pour la faune et la flore sauvages, mais aussi pour la régulation des ravageurs des cultures et la dépollution des eaux.

Suite à une concertation à laquelle FNE a participé, une introduction progressive a été décidée : 1% en 2010, 3% en 2011 et 5% en 2012. FNE s'étonne d'apprendre par voie de presse que cet accord est remis en cause sans aucune concertation, ni même information préalable.

FNE rappelle par ailleurs que les surfaces concernées sont faibles, car il existe une règle de calcul qui surévalue certains éléments du paysage, comme les haies.

Marie-Catherine Schulz, chargée de mission agriculture, explique : " Selon les règles officielles de calcul, une haie, pour être convertie en surface, a une largeur fictive de 100 m. Autrement dit, pour atteindre l'objectif de 5% de surfaces de biodiversité, une exploitation agricole de 100 ha peut se contenter d'implanter 500 m de haies ! "

Un caprice de céréalier

A qui ce taux de 5% posait-il donc problème ? En fait, c'est surtout en zones céréalières, très pauvres en biodiversité, que son atteinte aurait nécessité un effort de la part des agriculteurs. Dans les zones d'élevage, ce taux est déjà largement atteint.

Pour Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE : " En plus d'être un recul pour l’environnement, cette mesure est particulièrement injuste quand on voit les difficultés économiques auxquelles sont confrontées les exploitations d’élevage tandis que les céréaliers sont les principaux bénéficiaires de la PAC. En pleine négociation à Bruxelles sur l’avenir de la PAC après 2013, ce très mauvais signal va à l’encontre de tous ceux qui se battent pour redonner une légitimité à ces subventions européennes. "

 

FNE demande d’urgence que la concertation reprenne sur ce dossier et que l’introduction significative de refuges de biodiversité dans les plaines céréalières devienne une réalité sur le terrain.

 

Communiqué de FNE : http://www.fne.asso.fr/fr/aides-de-la-pac-le-ministre-de-l-agriculture-cede-une-fois-de-plus-aux-cerealiers.html?cmp_id=33&news_id=12406

Publié dans Agriculture et eau

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