Claude Guéant porte plainte contre Mediapart

Publié le par Jean Luc Guerbois

Le site d'Edwy Plenel avait accusé le bras droit de Sarkozy de piloter des écoutes illégales de journalistes.

Accusé par Mediapart de piloter des opérations illégales de surveillance de journalistes, le bras droit du président Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, a décidé de contre-attaquer en portant plainte contre le site d'information en ligne.

« Je poursuis Mediapart pour diffamation par voie de citation directe », a affirmé le secrétaire général de l'Élysée, en précisant que ce serait « fait la semaine prochaine ». Selon le principal collaborateur du chef de l'État, les accusations portées contre lui par Mediapart « n'ont aucune espèce de fondement. C'est indigne. On ne peut pas laisser dire des mensonges qui déshonorent les gens ».

« La part d'ombre »

« C'est l'hôpital qui se moque de la charité », a aussitôt réagi le patron de Mediapart, Edwy Plenel. « Si M. Guéant maintient cette décision, ce sera une superbe occasion d'un procès où la liberté de l'information mettra en évidence la part d'ombre de cette présidence », a-t-il également déclaré.

Jeudi, Mediapart - dont deux journalistes enquêtant sur les affaires Karachi et Woerth/Bettencourt affirment avoir été pistés et « géolocalisés » par les services secrets français - avait cité M. Guéant comme étant chargé des opérations de surveillance.

Dans son édition d'hier, « Le Journal du dimanche » affirme que non seulement Claude Guéant mais aussi Bernard Squarcini, directeur de la DCRI, le contre-espionnage français, déposent plainte. M. Squarcini a déclaré que ces informations visent à « déstabiliser la boutique à un moment où la menace terroriste n'a jamais été aussi forte ».

Dans son édition de mercredi, « Le Canard enchaîné » avait, lui, accusé Nicolas Sarkozy de superviser « personnellement » l'espionnage de certains journalistes chargés de la couverture d'affaires sensibles, une allégation qualifiée de « totalement farfelue » par l'Élysée.

« Il n'existe pas de cabinet noir à la DCRI. Aucun groupe n'est chargé de s'intéresser aux journalistes », avait ajouté M. Squarcini, précisant alors qu'il étudiait « la possibilité de déposer plainte pour diffamation ».

« Le Canard enchaîné » a quant à lui maintenu ses affirmations.

Publié dans Société

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