Croissance / Décroissance

Publié le par Jean Luc

            L’un des principaux débats qui anime l’écologie politique depuis des mois maintenant est celui de la décroissance. Ce mot, à connotation fortement négative, a était fors démagogiquement singé aussi bien à droite qu’à gauche, pour faire croire que les écologistes prônent le retour de l’éclairage à la bougie et une alimentation à base de cueillette de baies sauvage … j’en veux pour preuve cette intervention télévisée de C. Jouanaud qui indiquais que la décroissance serait le retour du choléra en France !

 

            Au sein même d’Europe Ecologie/les Verts, le débat est passionné, non pas sur le fond, car nous savons tous que le terme de décroissance est issu de l’expression « décroissance de l’emprunte écologique des activités humaines », c'est-à-dire faire en sorte que les activités humaines ne dégradent pas l’environnement afin de pourvoir transmettre cet environnement et ces activités dans de bonnes conditions aux générations futures.

 

Tout le défi est de savoir expliquer notre point de vue sans que celui-ci puisse être travesti par les opposants à l’écologie politique.

 

            Commençons par faire un bilan de la situation actuelle : Depuis les années 70 nous sommes pris dans un modèle socio-économique très particulier : La société de consommation capitaliste néolibérale.

 

C’est ce modèle précis qui est à bout de souffle et dont nous souhaitons la décroissance. Malheureusement les grands partis politiques et les institutions des pays occidentaux ont liés leur existence même à la performance de ce modèle, raison pour laquelle ils ne veulent pas le changer.

 

Mais au fait, qu’es-ce que la société de consommation capitaliste néolibérale ?

 

Une société de consommation à pour moteur économique non ce qu’elle produit mais ce qu’elle consomme, pour répondre à ces envies dans des conditions financières supportables, elle sacrifie les conditions sociales, humaines et environnementales. Ainsi, en France, nous pouvons acheter des t-shirt à moins de 5 euros issus de culture de coton OGM et fabriqué en Chine par des enfants dans des conditions de travail tel que beaucoup d’entre eux mourrons avant l’âge adulte. Pourtant au sein des frontières de notre pays il est interdit de cultivé ce coton OGM, le travail des enfants est puni de prison et les conditions de travail sont clairement encadrées.

 

Le capitalisme est un modèle de gestion de la société qui met le bien matériel et l’argent au cœur de sa construction et des rapports entre ses différentes constituantes.

L’illustration la plus parlante est la justification du stress de certaines professions, conduisant parfois au suicide, par des salaires importants !

 

Quant au néo-libéralisme, c’est tout simplement le désengagement total de l’état de la vie socio-économique, devenant un simple gestionnaire administratif, il compte sur la concurrence, c'est-à-dire l’adversité des entreprises, pour gérer la société …

 

Ce système, qui à certes permis un développement colossale en 40 ans, est arrivé à bout de souffle car il est basé sur les différances sociales et l’exploitation à outrance des ressources humaines et naturelles. Ors l’une comme l’autre sont proche de l’épuisement.

 

Vouloir maintenir artificiellement ce système risque de conduire à un effondrement dramatique de notre civilisation, il est temps de la faire DECROITRE, pour faire CROÎTRE un nouveau système.

 

            Nous proposons de substituer une société de production à la société de consommation, c'est-à-dire d’articuler un modèle économique avec ce que nous sommes en mesure de générer en respectant, à l’échelle mondiale, des règles sociales, humaines et environnementales clairement établies. Les bases de ce modèle existent dans le commerce équitable. Nous devons bien sur investir massivement sur la recherche est le développement ainsi que sur l’économie circulaire afin de trouver de nouvelles ressources renouvelables nous permettant de maintenir, voir d’améliorer, notre qualité de vie.

 

            Nous souhaitons substituer le capitalisme par l’humanisme, c'est-à-dire mettre les êtres humains au cœur de notre société afin que plus personne ne ressente le monde qui l’entoure comme un milieu hostile et tout simplement retrouver la joie de vivre !

 

            Mettre en place un système garantissant à la fois la liberté d’entreprendre mais aussi l’accès pour tous dans de bonnes conditions aussi bien sociales que financières aux besoins fondamentaux d’une vie en société. Réguler aussi bien en terme de prix que de projets et productions les domaines de l’alimentation, l’eau, le logement, l’énergie, les communications, les transports, la connaissance, la sécurité (pompier, SAMU, justice, police …) et la santé, en déclarant chacun de ces domaines services publiques, gérants des usagers et non des clients, et où l’action des entreprises privées sera autorisé mais très encadré (à l’exception de la sécurité qui doit resté totalement publique).

 

C’est ce modèle là que nous souhaitons voir croître, à mille lieu de la « croissance verte » qui ne consiste en rien d’autre que de faire le l’écologie une bulle spéculative pour les marchés financiers, Nous ne sommes pas partisans d’un retour en arrière mais bien du développement d’une nouvelle société.

 

Jean Luc Guerbois, correspondant Vert/EE en Haute-Saintonge

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AYRAULT 08/04/2010 08:21


Remplaçons simplement la croissance du PIB par la croissance de la qualité de la vie humaine sur la planète.
Le PIB, produit intérieur brut, peut très bien être le résultat d’une nouvelle industrialisation de produits issus de matières recyclées ou recyclables en totalité. Si cette production intègre des
matières premières qui sont rares et non recyclables, alors ces produits doivent sortir de la grande consommation et être gérés par les services publics. Les matières premières rares ne doivent pas
être essentielles dans la fabrication des produits usuels que nous sommes obligés de consommer.
Alors la décroissance est un faux problème.
Tout comme la croissance.

Le problème est le gaspillage (remarquons que dans gaspillage il y a pillage…).
Nous sommes tous responsables directement ou indirectement.

Il est facile de montrer dans la vie quotidienne que l’on fait des efforts pour l’écologie, la visibilité immédiate est valorisante citoyennement parlant, une voiture propre, une maison bien isolée
et bardées de capteurs solaires, un jardin bio etc… Mais indirectement cela devient plus confidentiel. Notre argent placé chez notre banquier génère quelques intérêts, particulièrement s’il est
bloqué dans des produits financiers. Combien de personnes savent exactement comment est produite cette rentabilité. Évidemment ce sont des dividendes d’entreprises, dans l’apparence, et la
réflexion s’arrête là… trop compliqué !
Pourtant la réalité est simple ! Une entreprise qui fait des bénéfices peut investir dans sa production, sur du long terme (durable et recyclable bien entendu), en agrandissant ses ateliers et
bureaux, en investissant dans le personnel par la formation et la recherche, mais aussi par la rémunération. Lorsqu’elle a fait tout cela elle redistribue le reste aux actionnaires. C’est cela dans
la théorie, c’était le cas dans les grandes entreprises après la seconde guerre mondiale, alors que ce qui se passe est tout le contraire.
Le processus s’est inversé, les actionnaires exigent une rentabilité immédiate, à deux chiffres, avant toute prévision sur le long terme de l’entreprise. Ces dividendes sont rapidement réinvestis
dans d’autres fonds spéculatifs qui serviront en cascade à spéculer sur n’importe quel produit, matière première, alimentation, industrie etc…
De plus, dans la croissance actuelle, un actionnaire ne se contentera pas d’une rente régulière, elle doit progresser, grandir, quelle limite !?L’argent est roi, le plus riche est le
maître.
Nous sommes dans un délire de mégalo qui entraîne le monde dans un gouffre.
Alors nous sommes pour la décroissance des mégalos !
Ces gens ont un nom, « ultra libéraux ». Ce n’est pas simplement pour certain de faire plus d’argent, c’est aussi une idéologie. Le pouvoir de l’argent par la rente c’est de mettre sous
dépendance l’humanité entière, en s’appropriant le vivant pour le revendre, la force de travail humaine en premier, (les grandes entreprises intérimaires qui se multiplient dans le monde en sont un
exemple souvent dramatique).

Alors le combat est engagé et il faut choisir son camp.
S’en désintéresser est un choix pour le pire.

Regardons la destination finale de l’argent que l’on gagne afin d’en réduire progressivement la distance où il sera utilisé. Nous devons privilégier les entreprises de proximité qui touche à
l’alimentation. Ce n’est plus à prouver, et c’est du bon sens. Le choix des produits que nous devons acheter sera motivé par l’éthique exprimée par les entreprises coopératives et mutuelles en
priorité (car elles respectent les gens qu'elles emploient), mais aussi de la qualité écologique des matières importées indispensables (commerce équitable). Les banques coopératives qui n'entre pas
dans le jeux spéculatif seraient la seule garantie pour les pays du sud d'avoir des échanges commerciaux en toute transparence, et pour des produits qui n'affament pas les populations.
En bref, sans aller dans une démonstration magistrale de l'économie, nous pouvons agir par notre comportement quotidien, mais cela ne suffira pas. Un engagement citoyen dans des mouvements qui
défendent ces idées sera nécessaire pour faire pression sur les groupes privés dont l'argent est l'arme principal, celle de la corruption.
Notre arme à nous sera la cohérence économique qui place l'humain au centre de ses préoccupation, notre mobilisation permanente autour d'un débat démocratique. N'oublions pas que la démocratie en
France et en Europe est le résultat de tous ceux qui se sont battus pendant les derniers siècles, qui nous a permis d'être libres, qui reste un model pour les pays du sud.

Ne nous enfermons pas dans un débat sur la décroissance qui sers juste à nous stigmatiser sur un faux problème.

Jean Pierre AYRAUL
adhérant vert au groupe de Saintes et signataire d'Europe Écologie