Fipronil : nouveau Fléau des abeilles ?

Publié le par Jean Luc Guerbois

abeille-morte.jpgLa société BASF s'insurge contre un communiqué de presse du CNRS annonçant la mise en évidence des effets de doses sublétales de fipronil, provoquant la mortalité d'abeilles au contact de noséma ceranae.

 

La Confédération Paysanne dénonce l'attitude de BASF dont les arguments sont toujours sur le même registre : mensonge, dissimulation de la réalité et dénigrement systématique des études montrant l'effet délétère du fipronil sur les abeilles.

 

En 2005, l'expertise du Comité scientifique et technique de l'étude multifactorielle des troubles des abeilles (CST) a conclu au caractère préoccupant de l'utilisation du fipronil (Régent TS) en traitement de semences de maïs et de tournesol.

En 2007, des chercheurs1 déclaraient :" la somme des résidus de fipronil dans les pollens de cultures traitées est de 30 à 40 fois supérieure à la plus basse concentration induisant des mortalités par intoxication chronique. Ces résultats peuvent être discutés en terme d’affaiblissement des colonies, ceci favorisant le développement et les effets d’autres pathogènes"

 

Aujourd'hui, la démonstration de cet effet a été faite par des chercheurs 2 du CNRS et de l'INRA. En 2009, les mêmes effets avaient été constatés avec l'imidaclopride.

 

Cela fait quinze ans que les apiculteurs constatent que les ruches contaminées par des résidus de pesticides fipronil ou imidaclopride sont plus sensibles aux maladies. Cela fait quinze ans que l'industrie chimique et l'administration nous disent : "ce que vous voyez n'existe pas".

 

La Confédération Paysanne félicite les chercheurs pour leur travail et les remercie d'avoir démontré que les apiculteurs avaient une bonne vue.

 

Elle rappelle que l'inscription européenne du fipronil était soumise à condition, et que les études complémentaires fournies par BASF ne répondent pas à toutes les demandes de l'agence européenne EFSA (concentrations attendues dans le sol, les eaux souterraines et de surface, micro et macro organismes du sol, effets sur le milieu aquatique…) ; concernant les abeilles l'EFSA avait demandé des études sur couvain représentant les conditions de plein champ. BASF ne les a pas fournies. L'autorisation européenne, pourtant accordée ne respecte pas les exigences de la réglementation.

 

Dans son communiqué BASF affirme avoir eu raison dans le procès instruit à St Gaudens. Cette affirmation est bien prématurée, la Confédération Paysanne et d'autres syndicats s'étant pourvus en cassation.

Tout au long de cette instruction BASF a nié la systémie de son insecticide, alors que cette propriété était utilisée comme argument de promotion aux USA. Un tel comportement est un bon indicateur du niveau de confiance que l'on peut accorder aux propos de BASF sur l’innocuité de son produit.

 

Communiqué de presse de la confédération paysanne : http://www.confederationpaysanne.fr/fipronil-basf-nie-la-realite_72-actu_1843.php

Publié dans Agriculture et eau

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