Gaz et pétrole de schiste : les pétroliers reviennent à la charge

Publié le par Jean Luc Guerbois

Voilà maintenant deux mois que la loi interdisant l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures de schiste en utilisant la fracturation hydraulique a été votée. Cette loi oblige dans son article 2 les pétroliers à déclarer les techniques « employées ou envisagées dans le cadre de leurs activités de recherches » dans un délai de deux mois à compter du jour de la promulgation de la loi, sans quoi leurs permis seront abrogés. FNE veille !

raffinerie

Celui qui ne dit rien sera privé de permis

Les industriels actuellement titulaires de permis de recherche sont autorisés à poursuivre leurs travaux d’exploration du sous-sol à deux conditions. Le 14 septembre au plus tard, ils doivent remettre aux autorités qui ont délivré le permis, un rapport précisant les techniques employées ou envisagées dans le cadre des activités de recherches. Ce rapport doit être rendu public par l'état. D’autre part, la fracturation hydraulique ne doit pas figurer parmi les techniques utilisées, ni même seulement envisagées. Si les deux conditions ne sont pas remplies, le permis est abrogé. L'Etat publie au plus tard le 14 octobre la liste des permis abrogés

Verra-t-on jaillir un nouveau vocabulaire ?

FNE a déjà dénoncé le « flou » de la loi qui oublie volontairement de définir ce qu'est la fracturation hydraulique permettant ainsi des contournements de la loi en la renommant fissuration hydrique par exemple... Elle attend avec impatience la publication des rapports et sera très attentive à leur contenu, en particulier pour les permis qui visent un type de roche inexploitable par des méthodes classiques. Si l'Etat respecte sa propre loi, ceux-là devront être sur la liste des permis abrogés.

Maryse Arditi, responsable du réseau Energie de FNE déclare à ce sujet « Les documents que nous avons obtenus permettent de se faire une assez bonne idée des permis qui ont impérativement besoin de la fracturation hydraulique. Nous sommes très impatients de lire les rapports des industriels et de comparer leurs écrits d'avant et d'après la loi »

La pression des industriels pour garder leurs permis est maximum, quitte à attendre un peu avant de revenir à la charge sur la fracturation hydraulique, en utilisant la porte que la loi elle-même a entrouverte : une réalisation expérimentale, scientifique pour montrer – ou pour faire croire - que la fracturation hydraulique peut être propre, ce qui est un leurre.

Publié dans Energie

Commenter cet article