Hausse des tarifs d’EDF : où va l’argent ?

Publié le par Jean Luc Guerbois

 

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Hier, le gouvernement a annoncé une augmentation de 3,4% en moyenne des tarifs de l’électricité. Cette nouvelle hausse va frapper durement les ménages. Les Verts s’interrogent sur ses raisons et demandent un changement de stratégie industrielle.

Le gouvernement et EDF augmentent une nouvelle fois les tarifs de l’électricité. Après une hausse 2,3% en août 2009, les prix augmenteront de 3,4% le 15 août prochain. Cumulé à l’importante hausse des tarifs (15% en 2010) du gaz, cette augmentation pèsera lourd dans les budgets des ménages. Pour la justifier, le gouvernement invoque les investissements dans les réseaux et le parc de production ainsi que dans les énergies renouvelables.

Pourtant, comme le montre le rapport d’activité d’EDF pour l’année 2009, ce ne sont pas les énergies vertes mais le nucléaire et les acquisitions à l’étranger qui pèsent lourd dans son budget. En 2009, le nucléaire représentait en effet 64% de puissance installée en France par EDF contre 0,012% seulement pour les énergies renouvelables (hors hydraulique). EDF a également racheté la moitié des activités nucléaires de la société américaine Constellation Energy pour 4,5 milliards de dollars qui se sont ajoutés aux dépenses pour les acquisitions en Italie, au Royaume-Uni, en Belgique... Les retards dans les chantiers EPR à Flamanville et en Finlande pèsent également très lourd. Les surcoûts s’élèvent à chaque fois à environ 2 milliards d’euros alors que les problèmes techniques et le manque d’anticipation font craindre de nouvelles dépenses. La vétusté du parc nucléaire français, souvent épinglée par l’Autorité de sureté nucléaire, a provoqué plusieurs incidents majeurs lors des trois dernières années, pour à chaque fois un coût de près d’un milliard d’euros. Les rénovations et les prolongements de la durée de vie des réacteurs vont quant à eux coûter plus de 35 milliards d’euros d’ici 2030.

Il est aujourd’hui clair que les ménages vont devoir de nouveau payer pour des erreurs stratégiques d’EDF qui transfère sur eux le coût de ses ambitions internationales et des dépenses astronomiques liées à la domination du nucléaire dans le « bouquet énergétique » français. Pour ce qui est des investissements dans les énergies renouvelables, comme le souligne le récent rapport du PNUE, la France est toujours loin derrière des pays comme la Chine, l’Allemagne, l’Australie ou la Corée du Sud.

Les Verts demandent au gouvernement et à EDF de rendre des comptes et de changer de stratégie industrielle pour sortir de l’entêtement nucléaire. Une information claire et transparente doit être fournie aux consommateurs et une calendrier de sortie du nucléaire, accompagné de d’une politique d’efficacité énergétique et d’investissement dans les énergies renouvelables, mis en place.

Jean-Louis Roumegas, Djamila Sonzogni Porte-parole

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