L'Huître Triploïde

Publié le par hautesaintonge-ecologie.over-blog.com

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Bien que l'huître triploïde ne soit pas une nouveauté, elle se trouve depuis peu au cœur de l'actualité.

Le combat de Sophie Sury, Ostréicultrice artisanale de l’île de Ré et candidate Europe Ecologie aux régionales 2010, contre l’introduction dans le milieu naturel de ce mutant de laboratoire, est bien sûr soutenu par les Verts du pays royannais.

En effet, indépendamment de la manière même dont est créé cet animal, nous touchons à l’un des fondamentaux faisant la spécificité d’Europe Ecologie / les Verts par rapport à d’autre partis de Gauche. Nous de considérons que les activités humaines doivent se faire en préservant les ressources et le milieu ; non en les exploitant massivement puis en tentant de réparer les dégâts par la suite.

Ors, l’huître triploïde est un animal mutant destiné à survivre dans un milieu naturel trop dégradé par la pollution et le réchauffement des eaux pour que l’huître naturelle puisse y vivre !

L’idée même qui à conduit à son invention est en contradiction totale avec nos valeurs éthiques.

D’autre problèmes se posent en annexe : l’huître triploïde est stérile, les ostréiculteurs se retrouveraient dépendants des laboratoires les fabriquant, tout comme les céréaliers ayant fait le choix des OGM se retrouvent dépendants des firmes les fournissant. Ors nous sommes opposés à ce que le vivant fasse l’objet d’un marché : il est normal de payer un agriculteur ou un ostréiculteur pour son travail mais nous ne pouvons tolérer que pour avoir le droit de cultiver une plante ou élever un animal, il faille rétribuer une personne ou une entreprise qui s’en réclame l’inventeur !

Autre aspect problématique de l’huître triploïde, elle grandit beaucoup plus vite, étant commercialisable en deux ans au lieu de trois. Bien sur pour obtenir une telle croissance, celle-ci consomme bien plus de plancton que l’huître sauvage. L’AFSA à ainsi émis une remarque de suivi poussé de la qualité de se produit, en effet en filtrant beaucoup plus de plancton en moins de temps, elle risque aussi de fixer plus de polluants, avec un risque d’effet nocif sur la santé des gros consommateurs de ce coquillage. De plus cette sur consommation de plancton dans un milieu déjà appauvri risque de conduire à la disparition pure et simple de l’huître sauvage mais aussi de beaucoup d’autre coquillages et crustacés qui ne trouverons plus suffisamment de nourriture. Par effet domino c’est toute la chaîne alimentaire qui risque d’être perturbée et de nombreuses espèces animales et végétales déserteront nos côtes.

Pour toutes ces raisons nous demandons un moratoire sur la culture de l’huître triploïde et l’étude de solutions sérieuses visant à restaurer la qualité de nos eaux littorales afin de pérenniser la culture de l’huître naturelle dans de bonnes conditions.

 

Jean-Luc Guerbois, correspondant vert/EE en Haute-Saintonge

Publié dans Agriculture et eau

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