La Confédération Paysanne 17 refuse de signer la motion des irrigants

Publié le par Jean Luc

L’eau est un bien commun de l’humanité. L’irrigation agricole et la question de l’eau dans
notre département sont un sujet très sensible et oh combien récurant depuis de nombreuses
années. La Confédération Paysanne a refusé de porter sa signature au bas de la motion signée
par l’intersyndicale agricole, la chambre d’agriculture et l’association des irrigants, parue le 31
mai 2010.
La profession agricole et la chambre d’agriculture ont toujours poussé à irriguer plus et ce
sont eux les principaux responsables de l’impasse dans laquelle sont aujourd’hui les irrigants.
Ce n’est pas aider les paysans que de continuer cette fuite en avant qui les conduit dans le
mur.
Cette année 2010 s’annonce encore une fois comme une année sèche, où le milieu sera
encore très déficitaire et où les niveaux des nappes seront très bas. Les prélèvements en eau
sur les différents bassins pour l’irrigation agricole sont de loin les plus importants. D’autant que
la période des prélèvements coïncide, en conchyliculture, avec un besoin indispensable en eau
pour la bonne survie des coquillages. Il faut souligner ici l’importance du partage de l’eau entre
les paysans de la mer et ceux de la terre, et notamment l’accès à l’eau pour faciliter les
nouvelles installations.
Nous constatons cependant que la profession a fait des efforts en matière d’économie
d’eau mais il faut s’adapter au milieu naturel.
Pour ce qui est de la mise en oeuvre des réserves de substitution, la Confédération
Paysanne s’est déjà longuement exprimée sur le sujet en invoquant des dépenses publiques
importantes au bénéfice de quelques irrigants seulement, ainsi que sur la méthode de
remplissage des dites réserves en prélevant dans les nappes.
Pour assurer le maintien d’une agriculture vivante, ce n’est pas seulement en développant
l’irrigation sur les cultures, mais en assurant un revenu décent aux agriculteurs et aquaculteurs
par des prix rémunérateurs obtenus par la maîtrise et la répartition des productions qui invitera
à d’avantage d’installation pour les jeunes.
Il faut maintenant une politique qui accompagne les paysans vers une autre agriculture
moins consommatrice d’eau, plus respectueuse de l’environnement et donc plus durable. C’est
cette agriculture paysanne qui peut construire un monde apaisé où l’agriculture retrouverait sa
mission de nourrir les femmes et les hommes de son territoire.
La Confédération Paysanne de Charente-Maritime

Publié dans Agriculture et eau

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