Les contrats, remède miracle du bon docteur Bruno Le Maire au chevet de l’agriculture

Publié le par Jean Luc Guerbois

Comme dans le malade imaginaire où la cause de tous les maux est le poumon, pour le ministre le remède à tous les maux de l’agriculture est le contrat.

Les producteurs de lait vont mal? Le contrat…Les producteurs de viande bovine vont mal ? Le contrat…Les producteurs de fruits et légumes vont mal ? Le contrat…Le prix des céréales va condamner les éleveurs déjà fragilisés par des produits trop peu payés ? Le contrat…Les producteurs de porc craignent de manquer de produits pour faire « la soudure » avant la moisson ? Le contrat…Les producteurs de volailles n’arrivent pas à répercuter leurs coûts de production en aval ? Le contrat…

Qui sera sécurisé par les contrats ? Les industriels qui seront certains d’avoir des livreurs. Il n’est en revanche pas question de prix : pas de prix, pas de revenu pour les paysans. Le contrat, c’est donc la sécurité pour les acheteurs et la précarité pour les paysans.

La seule autre idée a été lancée par le Ministre : l’observatoire des prix et des marges mais la transparence s’avère illusoire puisque les premiers résultats pour la viande bovine indiquent que les marges des opérateurs n’ont rien de scandaleux, sauf pour les paysans qui ne tirent pas de revenu de leur activité.

Les seules pistes évoquées sur le moyen-terme pour sécuriser le marché des céréales sont des investissements en stockage. Mais qui va investir et prendre le risque de stocker alors que les prix sont aussi attractifs ? Une intervention publique est là, absolument nécessaire.

La Confédération paysanne propose de taxer les céréales à l’exportation pour contenir cette flambée des prix ? Pas de réponse. La Confédération paysanne pose la question des investissements massifs opérés pour les filières non-alimentaires ? Pas de réponse. La Confédération paysanne parle du devoir de protéger les citoyens et d’assurer la sécurité alimentaire si plusieurs moissons aussi catastrophiques se produisaient ? Pas de réponse.

La Confédération paysanne réaffirme que les contrats ne réguleront pas les prix des produits agricoles et qu’une intervention des pouvoirs publics est nécessaire, en particulier une protection aux frontières et la mise en place d’outils de maîtrise des volumes de production pour protéger les paysans et leur assurer un revenu.

Contact :

Philippe Collin, Porte-parole : 06 76 41 07 18

Publié dans Agriculture et eau

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