Les pailles se broient à tour de bras et les éleveurs broient du noir.

Publié le par Jean Luc Guerbois

paille.jpgLes moissons ont commencé et nous constatons que faute de décisions appropriées certains céréaliers broient leurs pailles. Peut-être veulent-ils faire payer aux éleveurs le mini rééquilibrage du bilan de santé de la Pac.

Pourtant les éleveurs n’ont récolté que 50% du fourrage de printemps et la récolte de maïs est loin d’être assurée.

 

Nous sommes donc inquiets pour le prochain hiver.

 

Inquiets : pour tous ces éleveurs qui n’ont pas commandé de paille faute de trésorerie car comment passer commande contre une autorisation de prélèvement quand il n’y a rien à prélever sur le compte ?

Inquiets : parce que le report d’annuités du PSAE ne concerne que 21000 éleveurs soit 10% du total, quid de ceux qui n’ont pas fait de PSAE ? Comment vont-ils financer leurs achats de fourrage ?

Inquiets : parce que la sécheresse est confirmée et qu’elle nécessite une implication de tous et de toutes les structures derrière le seule service public que nous ayons en agriculture c'est-à-dire les chambres d’agriculture.

 

Malheureusement dans de trop nombreux départements une structure syndicale joue solo et saisit l’opportunité de la sécheresse pour se refaire une virginité auprès des éleveurs.

 

Nous continuons de revendiquer l’interdiction du broyage de la paille avec dérogation quand il n’y a pas d’engagement d’éleveurs.

 

La réorientation des contrats blés éthanol vers l’alimentation animal aux mêmes conditions, c'est-à-dire 115€/tonne.

 

Une année blanche de trésorerie sur tous les prêts pour les éleveurs endettés à plus de 50% avec la participation de tous les acteurs de la filière (de la transformation à la grande distribution). Ces acteurs ne peuvent pas être solidaires quand tout va bien et ne pas l’être quand tout va mal.

 

(article de la confédération paysanne)

Publié dans Agriculture et eau

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