Monsanto a "oublié" d'indiquer que la coexistence est impossible

Publié le par Jean Luc Guerbois

mais.jpgLa Cour de Justice Européenne a confirmé hier, contre l'avis de la société Monsanto, qu'un miel contenant du pollen de maïs OGM doit obtenir une autorisation avant d'être commercialisé.
La société Monsanto a obtenu en 1998 une autorisation pour la culture et pour la consommation de son maïs MON 810 comme denrée alimentaire. Elle a simplement "oublié" de demander l'autorisation pour la consommation de miel contenant du pollen issu de son OGM.


Une telle demande l'aurait en effet obligée à reconnaître qu'elle est incapable d'interdire aux abeilles de récolter le pollen de ses maïs OGM et de contaminer des champs conventionnels ou bio situés à plusieurs kilomètres. Elle aurait été aussi contrainte de prouver que son maïs n'est pas toxique pour les couvains de jeunes abeilles qui s'en nourrissent, alors que plusieurs scientifiques ont déjà souligné ce risque. Elle aurait été contrainte de reconnaître que la coexistence est impossible.


Contre toute évidence, Monsanto a d'abord prétendu que les abeilles ne récoltaient pas le pollen de maïs, puis que pollen et le miel sont des produits animaux exonérés d'évaluation et d'étiquetage, ou qu'il n'y a que de trop faibles quantités de pollen OGM dans le miel pour s'y intéresser. Les autorités européennes ont accepté ces mensonges et ont autorisé son maïs OGM. Hier, les juges européens ont démontré qu'ils sont moins soumis et plus indépendants que les "experts" scientifiques payés par Monsanto.


Contrairement à l'Espagne, la France et de nombreux États européens ont su faire preuve de la même indépendance en interdisant la culture du MON 810 sur leur territoire. Les apiculteurs français ne se retrouvent ainsi pas comme leurs collègues espagnols menacés de se voir interdire la commercialisation de leurs miels contaminés par le maïs OGM.


Monsanto a payé des armées d'avocats pour faire annuler le moratoire français. La Cour de Justice Européenne doit rendre son jugement demain. Quel que soit son avis, la Confédération Paysanne appelle le gouvernement français à maintenir sa clause de sauvegarde ou à la renouveler si elle venait à être annulée pour un simple vice de procédure.


Etant donné l'importance des superficies cultivées en maïs, et que les abeilles vont en chercher le pollen jusqu'à 5 km, et parfois plus, l'autorisation de cultiver le MON 810 interdirait la commercialisation d'une part importante de la production française de miel et une bonne part de l'apiculture française n'y survivrait pas, entrainant un déficit de pollinisation pour de nombreuses cultures.

 

communiqué de presse de la confédération paysanne : http://www.confederationpaysanne.fr/monsanto-oublie-indiquer-coexisten-impossibl_23-actu_1867.php

Publié dans Agriculture et eau

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