Service d'eau potable : que le meilleur gagne

Publié le par Jean Luc Guerbois

La Ville s'organise dans l'éventualité d'une mise en régie du service de l'eau .

 Vote unanime à main levée sur l'hypothèse d'une mise en régie du service de l'eau. PHOTO M.-L. Gobin

Vote unanime à main levée sur l'hypothèse d'une mise en régie du service de l'eau. PHOTO M.-L. Gobin

C'est pour que la Ville soit bien bordée sur le plan juridique, au cas où elle aurait à reprendre elle-même, en régie, le service de l'eau potable après le 15 mai (1), que le Conseil municipal, opposition comprise (2), a autorisé le lancement d'un marché de service (avec appel d'offres), pour l'exploitation de l'eau potable. Il s'agit, en somme, d'ouvrir une consultation pour que la commune puisse recruter un prestataire pour la mise en bouteilles et la commercialisation de l'eau minérale tirée à 350 mètres sous terre.

C'est, en fait, une démarche parallèle à celle de la délégation de service public (DSP) déjà en place et dont le cahier des charges inclut désormais, outre le puisage et la distribution de l'eau du robinet, la mise en bouteilles et la commercialisation d'une eau minérale naturelle dont la cité entend tirer une richesse supplémentaire.

Or le maire Claude Belot, ainsi qu'il l'a confié au Conseil municipal lundi soir, précise que « sur les trois prestataires mis en concurrence dans le cadre de cette DSP, deux se contentent de dire que l'idée est intéressante, même si l'un est plus imaginatif que l'autre, et le troisième ne bronche pas ».

Or, la Ville souhaite aboutir sur le dossier de l'eau minérale. « Puiser et distribuer l'eau au robinet, en prenant de la marge, avec un client captif, il n'y a pas de risque. Inclure la mise en bouteilles et la commercialisation, déjà c'est moins simple. Mais il nous faut y parvenir. »

Bouger les prestataires

Ce que le premier magistrat souhaite, « c'est que les prestataires se secouent un peu ». Mais ce qu'il veut, surtout, « c'est que les Jonzacais soient les bénéficiaires du bien qui leur appartient et qui coule sous leurs pieds. Les retombées pour la ville valent très largement un casino, croyez-moi. C'est pourquoi nous devons rester les patrons dans cette affaire. Cela n'empêche pas de louer les services d'une entreprise pour l'exploitation de cette source ».

Et d'ajouter, parce que s'il en est qui baillent sur le dossier, lui ne dort pas : « Vous savez, pour une unité d'embouteillage de 16 800 bouteilles à l'heure, en production 365 jours par an, il faut compter 3 millions d'euros, bâtiment compris. Ça coûte moins cher que la nouvelle chaufferie. On n'est pas dans le gigantisme, là ! »

Le temps de décider

Conduire les deux procédures parallèlement, c'est-à-dire avoir les deux fers au feu, permettra de décider, le moment venu, de ce qu'il convient de faire, dans les intérêts de la Ville. Voilà l'idée. « Mais il nous faut prendre dès aujourd'hui toutes les précautions pour que ce bien nous revienne et que nous puissions en disposer librement. Si dans les cinq mois qui arrivent, on s'aperçoit que c'est une stupidité, on y reviendra peut-être. Le lancement d'un marché de service est une décision importante pour Jonzac et montre notre détermination à conduire ce projet d'eau minérale. On n'est pas sûrs de réussir, mais on ne risque rien. Et on sait déjà, en toute hypothèse, que les Jonzacais verront le prix de l'eau potable baisser. »

Le lancement de l'appel d'offres pourrait intervenir en début d'année.

 

(1) Le temps de peaufiner la procédure d'attribution et de faire mûrir le projet, le contrat de Veolia, déjà prorogé de 7 mois mais arrivant à son terme au 31 décembre, avait été, en octobre, à nouveau prolongé jusqu'au 15 mai 2011 (maximum possible). Pour assurer la continuité du service public de l'eau potable au robinet.

(2) Après une interruption de séance de 5 minutes pour en discuter entre élus d'opposition.

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