Water Makes Money

Publié le par Jean Luc Guerbois

Le film sera projeté à Saintes le 23 septembre prochain

 

« La nouvelle alchimie des multinationales :
Transformer l’eau en argent »
Water Makes Money de Leslie Franke et Herdolor Lorenz
- www.watermakesmoney.org -
Water Makes Money
Documentaire - 90 minutes
Allemagne / France - 2010
HD - 16/9 - Stéréo
Réalisation : Leslie Franke et Herdolor Lorenz Coopération : Jean-Luc Touly, Marc Laimé, Christiane Hansen,
Markus Henn et Aquattac
Production : Kern Film avec La Mare aux canards et Achille du Genestoux,
financé par un appel à souscription, subventionné par la
Filmförderung Hamburg Schleswig-Holstein GmbH Pour la version TV, co-production avec Arte/ZDF
Site officiel du film : www.watermakesmoney.org
-> Bande annonce, photos à télécharger…
Distribution France : La Mare aux canards
& Edition DVD 25, rue de Meaux - 75019 PARIS
www.lamare.org - Tel : 01 42 45 11 05
Première simultanée : 23 septembre 2010
Sortie DVD : Octobre 2010
Synopsis
Tout comme l’air que nous respirons, l’eau est un élément nécessaire à la survie de
l’Homme, des animaux et des plantes. Ainsi, le 27 juillet 2010, l’accès à l’eau potable a été
intégré à la Déclaration des Droits de l’Homme par l’Assemblée Générale des Nations Unies.
Malgré tout, l’eau est constamment en proie aux intérêts économiques des entreprises
multinationales soucieuses d’accroître leurs profits. Ce problème touche aussi bien les pays en
voie de développement que les riches pays industrialisés…
Le principe est simple : à chaque fois qu’une commune cherche à remanier sa gestion
de l’eau, Veolia ou Suez, les deux plus importants groupes mondiaux de l’eau, pointent leur
museau. Ensemble, ils constituent un cartel opaque qui, par exemple en France, approvisionne
environ 80% de la population. Résultat : une hausse vertigineuse des prix à la consommation,
une baisse de la qualité de l’eau, un manque de transparence souvent lié à un climat de
corruption. Même s’il ne s’agit plus de privatisation à proprement parler, mais de partenariat
public-privé, le résultat est le même : les multinationales se jouent des services publics.
Water Makes Money explique ainsi le fonctionnement des entreprises multinationales
qui s’accaparent la distribution de ce besoin vital, créant ainsi une alchimie déroutante : elles
transforment l’eau en argent. L’analyse de cette problématique par des experts est agrémentée
par plusieurs exemples de villes ou communes, allemandes et françaises, en proie à la
domination de ces entreprises peu soucieuses d’offrir un service de qualité (quartiers pauvres
coupés de l’eau potable, robinets secs…). Mais, à l’instar de Paris, des collectivités se
soulèvent et montrent que le contrôle citoyen de l’eau est nécessaire et possible…
Water Makes Money de Leslie Franke et Herdolor Lorenz
- www.watermakesmoney.org -
A propos du film
Les groupes français Veolia et Suez sont les leaders incontestés du marché mondial de
l’eau privatisée. Ils sont présents sur tous les continents. Pas une semaine ne s’écoule sans
qu’ils fassent de nouvelles acquisitions. Mais ces derniers temps, en France, le vent tourne.
Début 2010, les deux groupes ont dû rendre, non sans grincer des dents, la distribution de
l’eau aux municipalités de Paris et Rouen. Et bientôt suivront certainement Bordeaux,
Toulouse, Montpellier, Brest et toutes les collectivités aspirant à ce que l’eau redevienne un
bien public.
Mais pourquoi ce revirement de situation en France où ces compagnies sont actives
depuis tant de décennies et où elles fournissent toujours près de 80% de la population ? A
l’exemple de Paris, Bordeaux et Toulouse, Water Makes Money montre comment s’est
réalisée cette mainmise sur la distribution de l’eau et pourquoi les collectivités ont si
longtemps fait confiance aux groupes privés. Cette confiance s’est souvent révélée découler
de l’aveuglement d’élus corrompus. A présent, la vérité sur la mauvaise gestion de l’eau par
les multinationales remonte à la surface…
Ensemble, ces compagnies privées génèrent des profits qui atteignent des centaines de
millions d’euros dans la plupart des villes. Profits qui se reflètent bien évidemment dans
l’augmentation du prix de l’eau… Chez les distributeurs privés, les prix sont 20 à 60 %
supérieurs à ceux du service public. Schéma similaire pour le problème du gaspillage : 17 à
44% de l’eau se perd dans les fuites du réseau privé alors que ce ne sont que 3 à 12% au sein
du service public.
Water Makes Money met ainsi à nu un système qui permet aux multinationales de
financer leur expansion globale. Système inique qui motive tant de Français à désormais
promouvoir le retour au service public.
Pourtant, ce sentiment d’être essorés, exploités, au profit d’ambitions globales
capitalistes est secondaire pour beaucoup de Français. Ce qui est d’autant plus choquant
quand on sait que la gestion de l’eau est dans un état critique en France. Les chiffres officiels
montrent que 97% des eaux de surface contiennent des pesticides cancérigènes.
Water Makes Money de Leslie Franke et Herdolor Lorenz
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C’est sur les côtes de Bretagne que ce phénomène est le plus perceptible. Des plages
entières ne sont plus accessibles car s’y amoncèlent des tonnes d’algues toxiques nourries de
nitrates et enrichies en médicaments. Pour Veolia et Suez, c’est une manne financière de
plus : leurs techniques toujours plus complexes et onéreuses seraient capables de transformer
toute eau souillée en eau potable. Pour plusieurs experts, ce cercle vicieux est un écueil
dangereux. Même si les coûts de production d’eau potable grimpaient jusqu’à l’infini, la
totalité des polluants ne pourrait jamais être entièrement filtrée.
D’autres solutions existent, et elles coûtent moins cher à la collectivité. Ainsi, la
création de zones de protection d’eau où seule l’agriculture biologique est autorisée.
Malheureusement, les multinationales n’ont rien à y gagner et cela nécessite une certaine
responsabilité publique. La régie publique d’eau à Munich, avec le plus grand territoire
d’agriculture biologique en Europe, est un exemple de réussite.
La plupart des villes continue pourtant à faire confiance aux groupes privés pour l’eau,
mais aussi les transports urbains, la propreté, les cantines… Elles se tournent vers ces
multinationales notamment pour leur savoir-faire inégalé dans « l’ingénierie financière ». À
une époque où les caisses publiques peinent à se remplir, les compétences dans le domaine
financier pour une gestion à moindre coût sont aussi importantes que la maîtrise technique des
ressources en eau. Toutefois, de nombreuses municipalités risquent de se faire duper par un de
ces groupes surpuissants.
Les fournisseurs d’eau privés noyautent les médias et les services publics tout comme
les activités scientifiques. À Montpellier, Suez détient une chaire académique au département
Gestion des ressources en eau et forêt, et une autre chaire sera bientôt créée par Veolia à
l’Université de Montpellier 2. Il n’est même plus question de sauver les apparences d’une
pseudo indépendance de la recherche. Des scientifiques de cette même université ont donné
récemment le feu vert à Veolia pour capter des quantités supplémentaires d’eau de source
dans la région de l’Hérault, zone écologiquement très fragile. Tous les autres experts ont mis
en garde contre les effets écologiques d’une baisse de niveau de la nappe phréatique.
Qu’importe, Veolia a lancé son essai de pompage.
Face aux plans d’expansion impérialiste des multinationales, une prise de conscience
grandit progressivement en France, en Europe et partout dans le monde : le contrôle citoyen
de l’eau est nécessaire et possible. En éclaircissant les pratiques obscures des grands groupes
privés et en montrant l’importance des décisions publiques, le documentaire Water Makes
Money cherche à alimenter le nécessaire débat sur la gestion de l’eau, ressource vitale
universelle et objet des prochains troubles mondiaux…
Water Makes Money de Leslie Franke et Herdolor Lorenz
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Pourquoi ce film ?
Il y a quinze ans, une vague de privatisations déferlait sur nos services des eaux et
continue aujourd’hui de faire des ravages dans le monde entier. Les conséquences néfastes
(entre autres : quartiers pauvres privés d’eau potable et des robinets secs à Londres, haut
lieu de la finance) ont été révélées dans Eau publique à vendre, précédent film de Leslie
Franke et Herdolor Lorenz.
Alors que chacun subit personnellement les conséquences des privatisations, il n’est
plus permis d’appeler les choses par leur nom. Les cabinets de conseil frappent à la porte
des communes endettées et promettent de nouveaux modèles d’entreprises : « Partenariat
public-privé », « Crossborder leasing », « Franchising », etc… « Mais non, il ne s’agit pas
de privatiser », affirment-ils, « il s’agit uniquement de gérer votre eau pendant 30, 60 ou 90
ans. Les installations restent la propriété de la municipalité. Les 2000 pages du contrat,
inutile de les lire, vous ne les comprendriez pas ... »
En France, des opposants à la privatisation sont parvenus à se procurer des contrats et

les ont étudiés mot à mot. Ils ont découvert pourquoi groupes et communes ne souhaitaient
pas les montrer au grand jour : les entreprises ont « payé » le droit de gérer les installations
communales avec des crédits mis à leur disposition par ces mêmes municipalités. De plus,
les communes sont responsables de toute baisse ou perte de rendement. Autrement dit, les
bénéfices sont privatisés et les pertes sont collectivisées, c’est à dire payées par les
contribuables. Cela n’a plus rien à voir avec les mesures de prévoyance portées par
plusieurs générations en faveur des nappes phréatiques locales, ni avec l’entretien
permanent et le remplacement des conduites. Bien au contraire, les entreprises
multinationales n’ont à rendre de comptes qu’à leurs actionnaires. La question de l’intérêt
général est bien loin de leurs préoccupations.
Water Makes Money montre ce que Paris et d’autres communes de France ont
appris de la domination de ces multinationales, véritables « machines à générer du fric »…
La déprivatisation de l’eau est une urgence.
Water Makes Money de Leslie Franke et Herdolor Lorenz
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Un film citoyen
Avec les privatisations et les « partenariats public-privé », l’eau passe aux mains des
multinationales qui en font profiter leurs actionnaires partout dans le monde. Pour réaliser un
film sur les pratiques de ces entreprises, il a d’abord fallu rassembler de l’argent. Water
Makes Money a été financé grâce à l’aide de municipalités qui se sont fourvoyées avec ces
entreprises et aussi grâce à des citoyens partis à la reconquête de leur eau.
Ainsi, Leslie Franke et Herdolor Lorenz ont lancé un appel pour trouver des
personnes prêtes à promouvoir leur projet. Il ne s’agissait pas de collecter des dons au sens
habituel du terme mais d’inviter chaque donateur, à partir d’un montant de 20€, à se
considérer comme « copropriétaire » du film. Le résultat fût non seulement de réunir
120.000€ pour produire le film, mais également d’avoir une grande quantité de
« coproducteurs » qui se font les portes-parole du film et de son message : l’eau doit rester
dans le domaine public !
1ères projections simultanées
Le 23 septembre 2010, les premières projections du film Water Makes Money ont
lieu simultanément dans plus de 100 cinémas en Europe et aux États-Unis. Les
projections débats sont organisées par des associations, des citoyens, des cinémas ou bien en
encore des communes.
Vous pouvez consulter la carte des projections sur le site Internet du film :
www.watermakesmoney.org

 

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